Contre les attentats terroristes : une justice stricte, une société mobilisée

Après le nouvel attentat ignoble commis à l'encontre d'un prêtre dans l'église de Saint-Etienne du-Rouvray, la nécessité impérieuse d'une justice très rigoureuse dans l'application des mesures votées et la mobilisation de l'ensemble de la société pour défendre notre modèle républicain, dans l'unité nationale, s'imposent toujours davantage.

Voir mon communiqué de presse ci-dessous.

Le gouvernement et le parlement ont pris de nombreuses mesures pour faire face à cette nouvelle menace multiforme et barbare, dont plusieurs partagées par la majorité et l'opposition lors de la dernière prorogation de l'Etat d'urgence (la semaine dernière), dispositions que j'ai personnellement votées au Sénat. D'autres encore viennent d'être annoncées à la suite du conseil de défense, ce matin, pour protéger au mieux les évènements estivaux. Dans le contexte actuel, sur ces bases légales, je considère que la justice doit s'appliquer de façon particulièrement stricte à tous les individus dangereux.
Au-delà, certains responsables politiques considèrent qu'il est nécessaire de sortir du cadre constitutionnel actuel pour permettre l'incarcération d'individus sur la base de simples présomptions d'activités terroristes, a priori. C'est l'idée d'un " Guantanamo à la française" qui pourrait donc concerner aujourd'hui plus d'un millier d'individus "fichés S", voire davantage.
Une telle décision peut paraître séduisante si on en n'analyse pas les conséquences réelles. Or, qu'en est-il ? D'abord, il faut mesurer l'impact qu'aurait cette victoire emblématique pour Daesh qui  ne tarderait pas à se prévaloir d'avoir fait céder une démocratie occidentale sur la question des libertés fondamentales : en montrant qu'elle avance, la cause terroriste gagnerait en crédibilité, donc en nouveaux adhérents. Ensuite, chacun peut observer qu'elle n'aurait pas permis, par exemple, d'éviter ni l'attentat de Nice, ni sans doute ceux de Paris. Enfin, elle conduirait au contraire, n'en doutons pas, à renforcer l'adhésionaux thèses djihadistes, donc à la multiplication d'actes isolés et imprévisibles, les plus difficiles à empêcher pour garantir notre sécurité. C'est cette dynamique de la violence et de la haine que Daesh souhaite introduire dans notre pays, jusqu'à la guerre civile. C'est cette dynamique qu'il faut refuser, en prenant toutes les dispositions réellement efficaces pour prévenir les actes terroristes, même si le risque zéro n'existe pas en la matière, et en réaffirmant la force supérieure des principes et de l'engagement républicains.

 

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