Les démocraties face à la dette

La folie des banques géantes et des marchés financiers mondialisés, ayant échappé à tout contrôle, ont produit en 2008 une crise mondiale comparable à celle de 1929, dans laquelle nous sommes toujours englués.

Pour éviter le pire, les états, déjà endettés, ont laissé exploser leurs déficits annuels (jusqu'à 7 % en France en 2010...). Conséquence, ce sont désormais des dettes publiques très lourdes qu'il faut maîtriser, en limitant les dépense publiques sans pour autant casser la croissance : autrement dit, la quadrature du cercle...que le gouvernement actuel, en dépit des critiques, gère nettement mieux que bien d'autres pays tout en préservant notre modèle social.

La situation créée (des taux d'endettement proches ou supérieurs à 100 % du PIB) vient de loin. En France, ce taux était de 58 % en 2002...Mai les démocraties, par nature, offrent la liberté à tous les lobbies de s'exprimer, et nous y tenons, naturellement, puisque c'est une composante de nos libertés. La réponse des élus est parfois irresponsable comme le "bouclier fiscal" et les cadeaux corporatistes des années Sarkozy. Mais elle ne peut être constamment négative - c'est intenable politiquement - et en période de faible croissance les déficits annuels deviennent récurrents, les dettes s'accumulent dangereusement. Nous y sommes avec la Grèce et quelques autres pays, qui perdent ainsi, de fait, leur indépendance face à leurs créanciers. Les démocraties se retrouvent alors sous tutelle.

Pendant que certaines banques centrales avisées cherchent via la création monétaire à  éviter des crises encore plus graves, d'autres défendent l'idée de "l'illégitimité" de ces dettes et prônent leur non remboursement assumé. Dans la théorie, ça va. Dans le concret, c'est le défaut de paiement...qui ferait fuir illico tous ceux qui, jusqu'ici vous ont fait confiance en vous prêtant. Un seul chiffre : chaque année la France doit trouver 180 millliards sur les marchés. Elles ne peut donc se passer de ses prêteurs, sauf à assumer un saut dans l'inconnu, une ponction forcée sur ses seules ressources et sans doute une nouvelle récession.

Il nous faut donc arrêter la dérive de la dette incontrolée depuis 2002 et rechercher la croissance maximale tout en contrôlant nos dépenses pour refuser de voir notre démocratie soumise à des pouvoirs extérieurs dans les années à venir. Ce n'est pas et ne peut-être l'austérité revendiquée par la droite, mais ce ne peut-être non plus le laxisme envisagé par les tenants de "l'illégitimité" de la dette.

 

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