Concrétiser l'espoir d'une voie progressiste, une nécessité

Après l'explosion du paysage politique de notre pays lors de la présidentielle de 2017, la marginalisation de la gauche "traditionnelle" s'accentue, notamment sous la pression d'une situation internationale qui inquiète la majorité des français : peur des migrations, rejet légitime de l'Islamisme politique, risques terroristes persistants, imprévisibilité des Etats-Unis de Trump etc. Face à ces défis, le discours de France Insoumise apparaît dangereusement naïf et dépourvu de tout contenu opérationnel : sans projet positif, sans allié, il ne peut relever que de la réthorique protestataire. Celui du PS est inaudible par son opposition surjouée à Emmanuel Macron et peu crédible après ses nombreuses années d'exercice du pouvoir, son engagement européen réitéré. Le PCF est très affaibli, alors que Générations ne pourra jamais émerger à force de s'identifier aux idées d'Europe Ecologie les Verts (EELV) comme c'est le cas depuis la campagne de Benoit Hamon.

Pour tous ceux qui ont  soutenu les idées de gauche, la stratégie d'Union impulsée par François Mitterrrand, acceptée par Georges Marchais et Robert Fabre, la situation est objectivement pire qu'avant Epinay, au moment où le PCF (J. Duclos) plafonnait à 21 % et la gauche non communiste (Mendès-Defferre) à 5 %  en 1969.

En effet,  aujourd'hui France Insoumise (un peu comme le PCF avant 1974) , bloque avec ses 15 - 19 % toute possibilité de rassemblement de la Gauche sauf à convaincre celle-ci de rejeter l'Europe, ce qui est évidemment inenvisageable pour une grande partie de ses électeurs. De l'autre coté, à droite, le poids du Front National surfant sur le nationalisme est devenu conséquent (20 %) alors qu'il n'existait pas en 1969. Autrement dit, l'espace central occupé par la droite et le gaullisme, qui bénéficiait à l'époque de l'aura de son fondateur est aujourd'hui mis sous pression par l'extrême-droite  comme l'exprime le discours de Laurent Wauquiez.

La gauche pro européenne n'a donc pas d'autre choix que de favoriser la constitution d'un nouvel espace central à vocation majoritaire avec les progressistes de toutes origines. C'est bien la voie ouverte par Emmanuel Macron en 2017, celle en laquelle je crois encore personnellement. Par conviction comme par réalisme, parce qu'il n'y en a pas d'autre aujourd'hui face à la montée en puissance, partout en Europe, des replis nationalistes dont l'histoire a toujours prouvé les dangers, jamais les bénéfices pour les peuples qui s'y sont laissé entrainer. Mais cet espace central ne résistera pas sans faire de la justice et de cohésion sociales des éléments fondamentaux de son projet, ce qui n'est pas suffisamment assumé et promu depuis quelque temps par la Majorité Présidentielle. Attention au découragement des "macronistes de gauche", à la sanction toujours possible aux prochaines élections européennes et au risque de rejet en 2022. Car alors personne ne pourrait empêcher la droite dure ou l'extreme-droite de gouverner et l'Europe de s'affaiblir davantage.

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