En Marche vers le centre droit, l'impasse politique

Depuis un an, tous les discours et signaux émis par le gouvernement et le Président de la République sont tournés vers la droite ou le centre-droit. Et les décisions porteuses de progrès sociaux (hausse des minimas, remboursements dentaires et de lunetterie, suppression de la taxe d'habitation, de cotisations salariales, du coût des mutuelles étudiantes etc.) ne sont pas portées politiquement, ignorées ou sous-valorisées.

L'exécutif pense sans doute que la pulvérisation actuelle des partis de gauche de gouvernement autour de dirigeants déboussolés lui garantit pour longtemps le vote de l'essentiel de l'électorat social-démocrate. Donc que l'enjeu unique, pour lui, est de convaincre la droite modérée et le centre-droit.

Le soutien longtemps exprimé par la population à la révolte - très hétérogène - des Gilets jaunes traduit au contraire la permanence et la grande popularité des idées de justice fiscale, de reconnaissance des efforts des salariés, la demande de pouvoir d'achat et de services publics de qualité.

Ce sont des idées de solidarité qu'Emmanuel Macron devra prendre pleinement en considération dans les conclusions qu'il tirera du grand débat. Faute de quoi la dérive de En Marche vers un simple parti de centre-droit et l'échec de son projet initial (un mouvement "central" rassemblant les progressistes) serait probable, conduisant à une impasse politique quel que soit le résultat des élections européennes.

 

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