Danger, l'air du temps est aux fachos !

Des élections municipales aux européennes, sénatoriales et législatives partielles, les idées d'extrême-droite prospèrent sur fond d'abstention massive. C'est, il est vrai, un grand classique des périodes de crise telles que celle que nous connaissons depuis 2008 : le chômage durable, la précarité - notamment des jeunes - les perspectives bloquées par la déflation qui s'installe ont toujours généré le repli sur soi, la peur de l'autre et singulièrement de l'étranger, le sentiment du recul du pays etc.  Aujourd'hui comme hier, les électeurs évoluent vers l'abstention, le nationalisme dangereux, le retour illusoire à un passé survalorisé et la xénophobie.

Dans notre pays mais aussi dans notre ville, les forces réactionnaires et populistes s' expriment ouvertement depuis le début de l'année. Par le Front National, bien sûr, mais aussi par des voix "déclinistes" outrancières et misogynes à l'instar d'Eric Zemmour. Par des décisions visant d'abord à plaire aux extrémistes, disproportonnées au regard des incivilités à combattre, comme l'armement permanent des policiers municipaux. Par l'incroyable faiblesse à l'égard de l'extrême-droite le 11 novembre à Saint-Etienne. Par la survalorisation symbolique du religieux, qui met en cause la laïcité dans les cérémonies républicaines et populaires (crèches en Vendée, Sainte-Barbe à Saint-Etienne).

La dérive touche très clairement désormais la droite politique, comme vient de le montrer la prestation de M. Wauquiez dans une grande émission de télévision, face (ou plutôt aux cotés) de Mme Maréchal-Le Pen.

Ceci est grave, très grave, car nous savons que nous ne sortirons pas facilement de la crise la plus longue depuis 1929, surtout si l'Europe libérale continue à refuser de mutualiser une partie des déficits, seule façon à court terme de desserrer l'étau et de relancer l'économie.

Personne ne peut oublier qu'avant-guerre l'extrême-droite a gagné dans les urnes, à force de renoncements et d'abandons  concédés par les partis politiques tradtionnels. Plus que jamais, les forces républicaines doivent se rassembler sur l'essentiel, en commençant par dénoncer ensemble ces "dérives symboliques" qui se multiplient, cautionnées par des élus de tous niveaux.

 

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