Brexit : une rupture historique, l'exigence de refuser tout repli national et de conforter l'Europe

Le choix des britanniques de quitter l'Union européenne agite les marchés financiers. Il aura des conséquences économiques négatives pour la France et pour l'Europe, mais celles-ci devraient être limitées : un récent rapport de la Commission des finances du Sénat  l'estime à 8 milliards € de recettes à trouver pour le budget européen, - 2 % de pertes de croissance au Royaume Uni et - 1 %  pour l'Europe.

Cependant, la gravité de cette décision est ailleurs, et ne doit pas être sous-estimée. Sur tous les plans, elle crée une incertitude durable extremement négative. Personne ne mesure en effet vraiment les "réactions en chaîne" que cette décision va entraîner, que ce soit sur les taux de change, les taux d'intérêt des dettes souveraines, le commerce international, les investissements à l'étranger etc. Le pire concerne les évolutions politiques : déjà située à un très haut niveau en Europe en raison des craintes liées aux mouvements migratoires, à la durée de la crise, à la précarité et au chomage, la tendance favorable au "repli national", partout, et aux populismes de tout poil ne peut que se renforcer.

C'est donc, à terme, le risque du retour des nationalismes, porté en France par le FN et partout ailleurs par les partis du même courant qui représente le danger principal. L'Europe fonctionne mal, des réformes profondes doivent la rendre plus protectrice, la  rapprocher des peuples, c'est une évidence ! Mais tout doit être fait, dès maintenant, pour enrayer les replis nationaux qui passeraient progressivement par pertes et profits les acquis majeurs obtenus par la construction européenne depuis 60 ans : la paix, la prospérité, la progression des libertés : toutes choses à protéger, à partager davantage, et surtout à ne pas oublier...

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