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A propos de la politique culturelle à Saint-Etienne

Publié le : 27 Nov 2019

En matière de politique culturelle, le mandat de M. Perdriau a commencé dans la rage et la fureur par la décapitation de l'Opera-Théatre et de la Direction de la culture. Les stéphanois doivent désormais se contenter de voir le chef Laurent Campellone à la télévision comme ce fut le cas récemment à la direction de l'orchestre de chambre de Paris...

Heureusement, il a été impossible à la municipalité de remettre en cause la Nouvelle Comédie dont le chantier était très avancé. L'unanimité est désormais acquise sur la réalisation architecturale. Satisfaction aussi sur l'action d'Arnaud Meunier et de son équipe. Celui-ci terminera bientôt son 3ème "mandat", soit 9 ans, durée maximale pour un directeur de CDN. Le choix de son successeur sera déterminant.

La réalisation de La Comète est une bonne chose, en continuité avec notre projet d'y transférer les activités de la salle Jeanne d'Arc devenue obsolète. Conserver un pôle culturel et associatif à Beaubrun était indispensable pour le quartier et sera utile pour les artistes qui bénéficieront de locaux rénovés. La diversité des compagnies théatrales stéphanoises, toujours très créatives, doit pouvoir y trouver des moyens d'expression plus confortables et surtout un soutien plus actif de la municipalité.

En matière de musiques actuelles (au Fil, au Zenith ou dans de plus petits formats), de festivals et de création culturelle (danse, hip-hop, jazz, arts plastiques, etc.), le dynamisme du territoire reste réel, c'est un atout important pour l'attractivité de la ville. Une diversification s'est opérée autour de nouveaux acteurs, des confirmations aussi comme Dub Inc ou le Festival des 7 Collines dont l'originalité ne se dément pas. Paroles et Musiques semble à nouveau rencontrer des difficultés, ce n'est pas la première fois : son avenir sera un vrai sujet pour les candidats en 2020 tant il dépend financièrement du soutien municipal.

Parmi les questions lourdes qui se profilent, on ne peut occulter celle de la Biennale Internationale Design. Au-delà de l'article dévastateur de Télérama au printemps, il est évident que la dernière biennale (et même l'avant dernière) a été très décevante. De plus en plus ésotérique, le recul de l'audience de cette manifestation depuis 4 ans est clair. Avec - là encore - une responsabilité majeure des élus dans la confusion qui a conduit à un long interim de la direction. La légéreté de la gestion de cet évènement pourtant majeur en terme d'image laisse pantois, alors que Lille sera en 2020 la capitale mondiale du Design....(au fait, avions-nous seulement candidaté ?). Plus le Design est vanté dans la communication municipale, plus sa notoriété décroit, telle est malheureusement la réalité actuelle.

On ne peut que souhaiter une prise de conscience rapide pour une véritable relance en 2021. Peut-être faut-il en profiter pour passer à une nouvelle étape, où le Musée d'Art Moderne et Contemporain prendrait une place plus importante pour redynamiser la visibilté du design, de l'art contemporain et des arts plastiques dans la métropole ?

L'offre cinématographique de la ville est aujourd'hui satisfaisante grâce à la présence du Méliès et des deux multiplexes urbains de Chavanelle et Jean-Jaurès. Jusqu'ici le combat pour éviter l'installation d'un multiplexe géant en périphérie que nous avions conduit n'a pas été remis en cause, et c'est heureux. Sinon, la déstabilisation des cinémas du centre-ville serait inéluctable. Tous les regards (inquiets) se tournent vers STEEL manifestement désireux de bâtir un pôle de loisirs.

Il est évidemment impossible d'être exhaustif en matière culturelle:  beaucoup d'autres réflexions seront sans doute prochainement mises en débat par les candidats aux municipales, et c'est indispensable.



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