Finances, Dette, Fiscalité

Un impact économique imprévisible, et l'espoir d'Eurobonds pour le futur

Publié le : 24 Mar 2020

La rupture de l'activité économique en France due au COVID-19 est inédite. Cet arrêt brutal d'une partie importante des activités imposé par un facteur non économique ne ressemble à aucune situation déjà analysée, les crises économiques les plus dures ayant souvent des origines bancaires et financières, comme en 2008 et - suivant d'autres modalités - en 1929.

La sécurité sanitaire n'étant pas encore rétablie, une nouvelle période de confinement au 2ème semestre pas exclue, personne ne peut mesurer aujourd'hui ses conséquences sur l'économie française, même si l'INSEE estime qu'un recul de 3%  du PIB pour un mois de confinement est quasiment inévitable.

Dans notre pays, la consommation des ménages tient une place dominante dans le niveau du PIB, ce qui permet de penser qu'une forme de "rattrapage" se produira quand une vie normale sera rétablie. Ce sera plus long en Allemagne à cause du poids plus élevé des exportations dans la demande globale. Mais en réalité l'interdépendance des économies européennes, les échanges avec l'Asie et l'Amérique resteront forcément impactés plus longtemps, avec des conséquences impossibles à chiffrer.

Dans ce contexte très incertain, il faut tout faire pour limiter le chômage et favoriser la reprise de l'activité. Les mesures de soutien annoncées par la BCE, son appui aux pays en difficulté comme l'Espagne et l'Italie, mais aussi les décisions du gouvernement français (en particulier l'incitation à ne pas licencier le personnel) sont totalement justifiées, même si le risque d'aggravation du déficit budgétaire est réel. Au niveau européen, l'abandon temporaire des contraintes du pacte de stabilité est aussi une bonne chose.

La France demande à juste titre d'aller plus loin avec l'émission d'une dette directement européenne (et non plus seulement pays par pays) à travers des "Eurobonds". Si l'Allemagne finit par accepter, cette crise aura servi à franchir une étape importante dans la construction européenne et la solidarité de ses pays. Il faut vraiment le souhaiter, en notant qu'une nouvelle fois,c'est la France qui est à l'offensive pour plus de cohésion et de solidarité, comme avec François Hollande face à la crise de l'euro.

 



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