Archive pour octobre 2008


Une stratégie commerciale pour le centre-ville

L’ annonce récente d’un projet d’implantation d’un "retail-park" d’une ampleur considérable (20 000 m²) sur la commune d’Andrézieux est de nature à remettre profondément en cause  les équilibres commerciaux et urbains sur l’ensemble du sud du département.

 

Ce projet est en totale contradiction avec le schéma départemental d’équipement commercial et avec le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale).

 

Il a été conçu sans aucune concertation avec les représentants des communes impactées.

 

A l’heure de la mise en œuvre des premières mesures du Grenelle de l’Environnement, le concept de « retail park » projeté à Andrezieux  va à l’encontre des objectifs de maitrise de l’étalement urbain et renforce le « tout voiture » au détriment de la proximité et des transports en commun.  Il fragilise tous les efforts, publics et privés, engagés pour conforter la place de l’agglomération stéphanoise en Rhône Alpes. En outre, il engendrera inévitablement d’importantes dépenses d’infrastructures à la charge des collectivités locales.

 

            A mon initiative, l’équipe municipale a engagé depuis plusieurs mois une stratégie alternative de développement commercial pour la région stéphanoise qui privilégie, conformément au SDEC, le renforcement des pôles déjà existants, et en premier lieu la revitalisation du centre-ville.

 

Cette stratégie, en cours de finalisation, exemplaire en matière de développement durable, sera présentée le 20 novembre prochain dans le cadre du salon d’équipement commercial, le MAPIC, autour de projets ambitieux proposés aux investisseurs.


Emprunts toxiques : protéger les Stéphanois
     Dans une conférence de presse tenue ce lundi 26 octobre 2009, avec Jean-Claude Bertrand, Adjoint chargé des Finances, j’ai tiré le bilan des efforts faits depuis dix-huit mois pour réduire la part des emprunts toxiques dans la dette de la ville : de 70 % en mars 2008, nous les aurons ramenés à 49 % fin 2009.
     J’ai également annoncé que la ville de Saint-Étienne allait assigner la Deutsche Bank devant le tribunal de Paris pour demander l’annulation d’un swap sur emprunt de 20 millions d’euros. Pour ce dernier en effet, trouvant que le taux initial de 4,90 % était trop élevé ( sans commentaire !), l’équipe muni- cipale précédente  avait pris plusieurs paris successifs pour finalement décider, début 2008, d’en prendre un sur le taux de change entre la livre sterling et le franc suisse… pour tenter de réduire un peu les frais financiers afin d’équilibrer un budget en grande difficulté (une conception bien spéciale de la bonne gestion des deniers publics…) .

Or, suite à l’effondrement de la livre sterling, ce pari est toujours resté perdant, et le taux d’intérêt à payer à compter du 1er janvier 2010 sera de… 24 %, soit un coût annuel supplémentaire de 3, 7 M. €, l’ équivalent de 4 % d’impôts supplémentaires !
     Lorsque je dénonçais le danger de ces emprunts spéculatifs il y a un an, la droite locale ironisait en disant que « le maire criait avant d’avoir mal ». Hélas, ce sont les Stéphanois qui ont bel et bien mal aujourd’hui ! Cette première bombe va exploser dès le 1er janvier 2010.  Et malheureusement ce ne sera probablement pas la seule : si plusieurs emprunts à risque ont pu être désamorcés à temps ces derniers mois, il en reste encore quelques uns particulièrement « toxiques », dont un deuxième s’annonce pour la mi-2010…
 
     C’est pour éviter aux stéphanois d’avoir à supporter un tel fardeau que je viens de décider de refuser de payer et d’assigner la Deutsche Bank devant les tribunaux, en coordonnant cette réplique avec d’autres grandes villes qui se retrouvent parfois dans une situation proche (même si à Saint-Etienne le poids de ces emprunts à risques est très au-delà de ce que l’on observe ailleurs).
     Des élus, une ville, ne doivent pas spéculer  avec l’argent des contribuables et n’ont d’ailleurs pas le droit de le faire. C’est un des arguments que nous utiliserons pour montrer que les banques, averties, n’auraient jamais dû proposer de tels produits et pour plaider la nullité de ce contrat.
 

 


Lorsqu’une nouvelle équipe s’installe , elle a besoin de connaître la réalité des finances de la ville.

J’ai donc fait réalisé deux audits indépendants, l’un sur la gestion de la dette de la ville, l’autre sur la situation du budget de la ville en 2008, afin de préparer le budget 2009.

Ces deux audits ont été confiés à deux sociétés de conseil qui étaient déjà utilisées par M. Thiollière ( « Finance Active » pour la dette et « Cabinet Ressources Consultants Finances Normal 0 21 » pour le budget), ceci afin d’éviter toute ambiguïté et tout reproche de « non neutralité ». Autre avantage, elles connaissent bien la situation de notre ville et le coût de leurs études est donc réduit par rapport à ce qu’aurait demandé un nouveau cabinet conseil.

Le rapport sur la dette a été rendu public en mai 2008. Celui sur le budget sera diffusé dans quelques jours.

 

1/ Etat des lieux de la dette de la ville

1.1. La dette du budget principal a augmenté de 14,17 millions € depuis 2001

La droite locale a prétendu durant la campagne électorale qu’elle avait diminué la dette de la ville.

L’audit montre que la réalité est bien plus complexe. En effet, c’est exact (baisse de 430 à 400 millions €) si l’on raisonne « Budget principal + budgets annexes ».

Mais c’est faux si l’on ne considère que le budget principal, le seul qui soit alimenté par les impôts locaux : la dette a augmenté de 14.17 millions sur ce budget (de 361 à 375 M€).

Conclusion : la droite a travesti la réalité, car la baisse de la dette s’est uniquement faite à travers les budgets annexes, notamment en raison du remboursement par des entreprises privées de dettes qu’elles avaient depuis longtemps auprès de la ville (budget annexe des affaires économiques). En revanche, la droite a dégradé la situation du budget principal, celui qui porte la gestion de la ville, le seul qui est alimenté directement par les impôts des contribuables stéphanois !

Saint-Etienne reste aujourd’hui la 3ème ville la plus endettée de France.

 

1.2. La dette a été placée à 62 % (236 millions € sur 381 millions €, un record) sur des emprunts risqués, c’est-à-dire sur des « emprunts structurés » ou sur des « swaps » dont les taux d’intérêts sont indéterminés à partir de 2011 pour certains, 2012, 2013 etc…pour d’autres, et ceci parfois jusqu’en 2042 !

Pourquoi ?

Parce-que l ‘équipe précédente a voulu réduire ses frais financiers au minimum durant son mandat (2001 – 2008) pour ne pas augmenter les impôts. En effet, en contrepartie du risque pris sur les taux après 2011, les banques accordent un taux d’intérêt plus faible durant les premières années.

Ainsi, la droite locale est même allé jusqu’à échanger des emprunts à taux fixes sur 20 ans, très intéressants, qu’il aurait bien sûr fallu conserver, contre des emprunts risqués, tout ça pour bénéficier avant 2008 de taux très bas, et après 2009….des taux risqués !

Autre illustration : le budget de 2007 a pu être bouclé grâce à un emprunt de 22 millions…à 0 % de taux d’intérêt (un miracle !)….pendant 13 ans. Au-delà, les stéphanois de 2020 et après vont devoir payer un taux indéterminé, très risqué, qui dépendra des valeurs du dollar, de l’euro et du franc suisse ! Concernant le prêt lui-même, il en restera encore 18 millions à rembourser en 2020.

Conclusion : l’UMP gère les finances de la ville…uniquement pour les années où elles est au pouvoir : l’emprunt de 2007 sera remboursé en totalité (sauf 4 millions) par les stéphanois de 2020 et au-delà, avec un taux d’intérêt…inconnu et très risqué ! Superbe exemple de bonne gestion ! Autrement dit « Après moi, le déluge » !

Un véritable scandale, qui devrait évidemment être interdit par les textes (j’attends toujours les réponses des deux ministres que j’ai sollicité sur ce point).

 

1.3. Le risque pris par l’ex-majorité de droite a été évalué pat le cabinet d’audit à 45 millions € en mai 2008. Avec la crise financière actuelle, les banques viennent d’actualiser ce chiffre à 76 M€….

En effet, dans une entreprise privée, une gestion pareille de la dette n’aurait pas été possible car les textes exigent, comme c’est normal, de faire des « provisions » (on doit mettre l’argent de côté) lorsqu’on prend des risques sur le futur. Mais ce n’est pas exigé, apparemment, dans une collectivité.

Avec 45 millions de provisions nécessaires, l’équipe Thiollière aurait dû augmenter les impôts de 60 % !

En définitive, ce n’est pas d’une « mauvaise situation » dont nous héritons, mais d’une situation véritablement « hors-norme ».

Cette situation exige la mise en place d’une sécurisation de la dette par renégociation serrée avec les banques et l’Etat, pour faire disparaître, à la fin de notre mandat, le risque énorme pris, au détriment des générations futures par une équipe de droite profondément irresponsable. Nous avons six ans pour revenir à une part de dette « risquée » inférieure à 20 %, moyenne nationale considérée en général comme un maximum.

A court terme (2009), nous devrons subir les conséquences de la crise financière actuelle, avec la raréfaction du crédit et la hausse des taux d’intérêt. Ce qui impacte bien sûr la préparation du budget 2009.

 

1.4. Rappelons que nous ne tenons pas compte jusqu’ici du budget de l’agglomération, Saint – Etienne Métropole.

Or l’agglomération assure des services très importants pour les stéphanois, notamment tous les transports urbains (trams et bus), le ramassage des ordures (poubelles, tri sélectif), leur traitement à la décharge, le développement économique, une partie de l’enseignement supérieur et la construction et gestion des grands équipements (construction de la Cité du Design, du Zénith, de la Cité administrative Grüner, gestion du Musée d’Art moderne, Stade G-Guichard etc.).

Durant la période 2001 – 2008, la dette de l’agglomération a véritablement explosé, passant de 40 millions € en 2001 à 255 millions fin 2008. Soit une évolution de 108 € par stéphanois en 2001 à 725 € fin 2008, si l’on tient compte du poids de Saint-Etienne dans l’agglomération. Heureusement, elle est exposée, elle, à un risque « normal » puisque 20 % « seulement » de cette dette est constitué d’emprunts structurés ou de swaps

Au total, si l’on ajoute Ville + Agglo, la « bonne gestion » de la droite, a fait exploser la dette globale de 2311 à 3000 € / stéphanois entre 2001 et 2008, comme le montre le graphique ci-dessous :

 Des données édifiantes, qui nous conduiront naturellement à proposer aux élus de Saint-Etienne Métropole une gestion beaucoup plus raisonnable dans les années à venir

2/ Le budget 2009 de la ville de Saint-Etienne

 

Le deuxième audit consacré au budget de la ville permet de prendre en considération :

- l’état exact des finances laissées par la droite,

- la volonté du gouvernement de diminuer, en euros constants, les dotations aux collectivités, notamment la Dotation globale de Fonctionnement (DGF)

- les conséquences de la hausse des dépenses courantes liées au prix du pétrole et du gaz,

- les conséquences attendues de la crise financière actuelle, même si toutes ne peuvent être encore connues.

Sans dévoiler ici son contenu, je ne peux que confirmer la situation très dégradée de nos finances, ainsi que le risque clair de mise sous tutelle de la ville, au sens juridique du terme, dès 2009.

Concernant la mise éventuelle sous tutelle, il ne s’agit pas d’évoquer une procédure qui serait en cours (ceci n’a pas de sens : si c’était le cas, nous le saurions déjà !) mais la réalité du budget 2009 : en conservant les tendances actuelles, sans action forte de la nouvelle majorité, l’audit montre sans ambiguïté que « l’équilibre juridique » du budget 2009 ne peut être atteint, et donc que la ville sera automatiquement placée sous tutelle.

Cette situation se serait produite de la même façon avec une autre majorité politique, car elle est la conséquence mécanique de la gestion passée de la droite : celle-ci a épuisé en 2008 toutes les marges de manœuvre, et, pire, comme on l’a vu, a déjà transféré sur les générations à venir des risques considérables.

 

Que faire devant cette situation « hors-norme » de la ville ?

Nous avons deux problèmes majeurs à résoudre :

1/ Comment faire pour revenir en 2014 à une dette « normale » avec des emprunts risqués ramenés à moins de 20 % de la dette, en limitant les conséquences sur les frais financiers payés immédiatement ? Ceci passe inévitablement par une action forte auprès des banques et de l’Etat.

2/ Comment faire pour éviter la mise sous tutelle de la ville dès 2009, sans demander un effort excessif aux stéphanois ?

Ces deux problèmes seront exposés en détail aux citoyens pour une information transparente.

Après quoi, je proposerai au Conseil municipal les décisions qui s’imposent pour sortir notre ville de l’ornière.

Maurice VINCENT

Le gouvernement a fait voter une loi pour assurer l’accueil des élèves en cas de grève des enseignants.

Dans cette loi, ce n’est pas l’État (pourtant responsable du service d’enseignement) mais les communes qui sont mises dans l’obligation d’assurer ce service d’accueil. Or cette loi s’avère inapplicable pour les raisons suivantes :

- Le délai d’information des maires (48 heures) est trop bref (1).

- Le nombre de personnes à mobiliser pour remplacer les enseignants peut être très élevé, et, en outre, le personnel municipal peut, lui aussi, être en grève le même jour.

- La sécurité des élèves ne peut donc être totalement garantie.

- L’accueil des enfants handicapés ou allergiques nécessite un accompagnement spécifique qui ne peut être garanti.

- La responsabilité pénale des maires ne peut être déléguée.

Les grandes villes de France, toutes opinions politiques confondues, ont pointé ces difficultés et ont alerté le ministre. Dans son principe, cette loi est très discutable et ne me convient pas, car elle monte les français les uns contre les autres et place sous contrainte les municipalités pour un objectif qui a été arrêté par l’Etat. Que celui-ci assume directement ses choix politiques !

Même si l’esprit républicain qui m’est cher m’invite évidemment, comme Maire, à la mettre en application, ses modalités actuelles ne le permettent manifestement pas.

(1) Ainsi, pour la grève du mardi 7 octobre, le service Education de la mairie a été informé par l’Inspection Académique le lundi 6 octobre seulement en fin de matinée. La mairie aurait donc dû trouver et mobiliser en un après-midi des personnels (de la mairie ? vacataires ?) pour 25 écoles en grève ! Et tout cela sans compensation financière de l’Etat, pourtant en charge du financement des personnels de l’Education Nationale.


Emprunts à risques: Bartolone et Vincent chez Alliot-Marie et Lagarde lundi

Claude Bartolone, président du département de Seine-Saint-Denis, et Maurice Vincent, maire de Saint-Etienne, deux collectivités frappées par les emprunts à risques, participeront à la réunion avec les banques sur ce sujet, lundi au ministère de l’intérieur, a-t-on appris vendredi.

 

La dette de la Seine-Saint-Denis est composée à « plus de 96% d’emprunts toxiques », à taux variables, avait annoncé M. Bartolone (PS), ce qui en fait le département le plus concerné par les risques de ces produits. C’est à ce titre qu’il représentera à la réunion l’Assemblée des départements de France (ADF), a-t-on indiqué auprès de cette association d’élus.

M. Vincent (PS) a indiqué que 60% des 401 millions d’euros de la dette de sa ville sont constitués de crédits spéculatifs. Il représentera l’Association des Maires des Grandes Villes de France (AGMF).

Les ministres de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, et de l’économie, Christine Lagarde, ont également invité l’Association des maires de France (AMF), l’Association des régions de France (ARF) et la Fédération des maires des villes moyennes.

Côté banques figure Dexia, spécialisée dans le financement des collectivités, qui a été touchée de plein fouet par la crise et sauvée par les gouvernements français et belge. Il y aura également la Caisse d’épargne, le Crédit agricole et la Société générale.

La réunion doit déterminer le nombre de collectivités concernées par ces emprunts et envisager les mesures nécessaires face aux difficultés qu’elles pourraient affronter, avait indiqué le ministère de l’intérieur.


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