Culture et Opéra-Théâtre
On se souvient des procès d’intention de l’opposition municipale au moment de la nomination de Daniel Bizeray à l’Opéra-Théatre…
A Saint-Etienne, un « Elisir d’amore » sans aigreur
Classée seizième des vingt-quatre opéras français par son budget, dixième par sa fréquentation (l’Opéra national de Lyon a quatre fois plus d’argent pour deux fois et demie plus de spectateurs), l’institution lyrique s’est distinguée par le travail effectué par son directeur Jean-Louis Pichon, en poste pendant vingt-cinq ans. Ce dernier a effectué une défense du répertoire français et en particulier de la musique de Jules Massenet, qui y fut l’objet d’une fameuse biennale.
Daniel Bizeray, son successeur, qui signe sa première saison, a pour sa part fait un excellent travail dans les deux opéras dont il avait eu précédemment la charge, à Rennes puis à Rouen : répertoire varié, quelques raretés remises à l’affiche, fidélité à de jeunes chanteurs et à des metteurs en scène comme Alain Garichot etRichard Brunel, moins connus que tant de stars surpayées et surestimées de la profession.
Notre politique culturelle extrêmement active sous l’impulsion de Françoise Gourbeyre, François Mehl et Nora Khennouf rencontre des succès de plus en plus évidents ; outre les belles perspectives offertes dès maintenant par l’ampleur des abonnements pour les saisons de la Comédie et de l’opéra-Théatre, chacun a pu constater en ce mois de juillet la qualité sans cesse croissante du Festival des 7 collines tout comme celle du Festival Paroles et Musique, et l’audience rencontrée par « La Traviata » diffusée gratuitement en plein air à la suite d’une initiative commune avec l’opéra de Lyon et le Conseil Régional. Une première réussie, significative d’une nouvelle impulsion.
Sur cet événement, on n’a pas entendu l’opposition. Qui craignait pour l’art lyrique ?
De même, le Festival des Roches Celtiques, relocalisé à Saint-Victor sur Loire pour des raisons de sécurité, a rencontré un succès énorme en doublant quasiment le nombre de ses spectateurs. Le transfert depuis Rochetaillée, pour des raisons de sécurité, s’imposaient donc plus que jamais. mais qui donc l’a contesté voici quelques semaines seulement ?
L’Opéra-Théatre est le sujet d’agitation privilégié de la droite locale depuis notre élection. Après avoir voulu faire croire au public que nous souhaitions la fin de l’opéra à Saint-Etienne, la droite ne cesse d’attiser l’inquiétude devant le changement que nous opérons, après 25 ans d’une même direction (une durée-record dans le monde, sans doute).
Le changement que nous revendiquons dans ce dossier, c’est celui de la nouveauté (est-ce anormal après 25 ans ?), de la qualité et de l’ouverture plus large de l’équipement aux autres acteurs culturels de la ville. La droite n’aime pas ? Assez logique, en fait, au vu de sa politique, inverse, depuis 1983.
Concrètement, c’est bien le seul critère de la qualité qui a présidé au recrutement des nouveaux cadres de l’institution, en particulier du nouveau directeur dont personne ne peut contester l’expérience et le parcours (personne ne les conteste, d’ailleurs).
Et ce sera la même chose pour les autres postes qui le nécessiteront : l’accueil très positif de la programmation 2009 – 2010 nous montre que nous sommes dans la bonne voie, qui sera donc poursuivie : une direction cohérente et motivée par nos nouveaux objectifs est une exigence pour sortir d’une ambiance parfois délétère, et qui ne peut perdurer sans dommage.
A en croire beaucoup de rumeurs alimentées par l’opposition depuis 2 mois, les ateliers artistiques seraient purement et simplement supprimés.
La réalité n’a rien à voir avec cela.
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Les ateliers seront repris, avec leurs enseignants vacataires, par d’autres structures telles que : Espace Loisir (en grande majorité), les Ateliers de la rue Raisin, la MJC des tilleuls, les MOF (Meilleurs Ouvriers de France) : tous les ateliers sont repris sur place par l’Espace Loisir de Beaulieu, avec les mêmes enseignants, le même nombre d’heures et les mêmes matières ; à l’exception de 4 ateliers qui seront accueillis avec leurs enseignants par les Ateliers de la rue Raisin (2 ateliers) et par les MOF (2 autres ateliers) .
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La ville continuera à soutenir ces activités par transfert des subventions aux structures porteuses, selon les normes habituelles ; ce qui permettra de réaliser une économie substantielle de crédits utilisables pour d’autres activités et associations sous-financées dans le passé .
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Le transfert des ateliers vers des associations plus généralistes va permettre d’ouvrir ces ateliers à de nouveaux publics grâce à une meilleure communication, ainsi que de mettre en place un nouveau projet pédagogique et culturel de l’Espace Loisir de Beaulieu, auquel sont d’ores et déjà associés les professeurs concernés.
Sans doute le meilleur démenti de toutes les contre-vérités assénées depuis plusieurs semaines à propos du départ de son Directeur Jean-Louis Pichon.
On a beaucoup écrit ou dit au sujet de l’Opéra de Saint-Etienne ces derniers temps. On a avancé des chiffres, ici ou là, sans les remettre dans leur contexte. Ainsi lors du non-renouvellement du contrat de l’ancien directeur de communication de l’Opéra et plus récemment du départ, volontaire, de son directeur, on a annoncé, principalement chez nos confrères fort bien attentionnés, qui soit dit en passant ont largement bénéficié, comme nous d’ailleurs, des budgets publicitaires et autres de la maison du Jardin des Plantes, des chiffres qui laissent à penser que depuis 25 ans, date de la prise de fonction de Jean-Louis Pichon, on a assisté à une explosion de la fréquentation du dit établissement. Ainsi, on a pu lire que "depuis l’arrivée de Jean-Louis Pichon à la direction de l’Opéra Théâtre de Saint-Etienne, le nombre d’abonnés est passé de 1 800 à 10 000 cette saison". Cette évolution justifiant de la qualité du travail fourni. Point. Balle au centre.
Puisqu’il convient d’aligner quelques chiffres, allons-y franchement : Sur les abonnements, précisément, qui s’élèvent sur la saison 2007-08 au total de 9 576 (dont 90% proviennent du département). Précisons que le package Lyrique, de loin celui qui engendre les coûts de production les plus élevés, le nombre total d’abonnement s’élève à i 350 unités pour une fréquentation totale de 21 344 spectateurs (soit une toute petite fréquentation du Stade G. Guichard…). Les postes Musique, Danse et Théâtre attirent respectivement 476, 257 et 573 abonnés. L’Abonnement Cocktail qui regroupe les spectacles Rock-Jazz et Variétés attire, lui, 2 570 abonnés. Précisons qu’il est composé cette année de 2 concerts, dont l’un coproduit par le Rhino Jazz de Rive de Gier, d’un spectacle de cirque contemporain et de pièces de théâtre présentées exclusivement par la société Pascal Legros Productions. Enfin le poste Jeune Public affiche, lui, 4 350 abonnés, soit plus de 45 % des abonnements. Sachant que l’ancien responsable du secteur jeune public, J-F Hubert, a claqué la porte de l’Opéra avec pertes et fracas… Ce secteur Jeune Public réalise donc près de la moitié des abonnements de la maison en disposant d’un budget dérisoire (au regard des autres postes). Au total, sur la saison 2007-08, l’Opéra de Saint-Etienne a attiré 60 010 spectateurs, soit une baisse de plus de 7,5 % par rapport à la saison précédente (et de 10 % par rapport à la saison 2005/06).
Un mot sur les budgets maintenant. Sur l’année 2007, le budget de fonctionnement de l’Opéra de Saint-Etienne s’élève 8,51 millions d’euros. 54 % de ce montant concernent le budget de fonctionnement et 46 % les salaires (pour 88 agents permanents). Le budget de fonctionnement de l’Opéra représente 1/3 du budget de fonctionnement global de la Direction des Affaires Culturelles de la ville de Saint-Etienne. Le budget de la masse salariale de l’Opéra représente 18 % de la masse salariale de cette même Direction des Affaires Culturelles. Les recettes de l’Opéra s’élèvent à 1,72 million d’euros dont 560 000 euros seulement de subvention (autres que la ville de Saint-¬Etienne, ce qui représente 6,8% du budget global). L’Opéra-Théâtre a coûté à la ville de Saint-Etienne en 2007 près de 6,8 millions d’euros net (soit près de 80% du coût de l’Opéra).
Des chiffres qui permettent de comprendre l’importance que l’Opéra joue dans le paysage culturel local. L’établissement monopolise donc 1/3 du budget de fonctionnement de la Direction des Affaires Culturelles de la ville de Saint-Etienne et son financement dépend principalement de la ville (à hauteur de 80 %). En ce sens, l’Opéra est donc le principal levier culturel de la municipalité. En s’engageant clairement auprès de Michel Thiollière, faisant ainsi preuve d’une fidélité toute à son honneur, ne peut-on pas imaginer que J-L. Pichon paraphait, en cas de renversement majoritaire, la fin de son engagement contractuel avec la nouvelle municipalité ? F. Gourbeyre, adjointe à la culture, n’a-t-elle pas fait état, tout au long de la campagne des élections municipales, de sa volonté de réorienter l’Opéra vers plus de proximité avec le public et d’ouverture vers les compagnies indépendantes Stéphanoises. Les choix ont été clairement exprimés avant les élections. Les électeurs Stéphanois, qui ont tout aussi nettement exprimé leur choix, pourraient-ils comprendre et admettre que le principal levier de l’action culturelle municipale refuse de répondre aux orientations promises pendant la campagne ? On a lu, ici ou là, sous des plumes curieusement enflammées…, qu’une nouvelle chasse aux sorcières s’ouvrait dans les rues de la ville. Le contrat du directeur de la communication de l’Opéra n’a pas été renouvelé. Il est arrivé à son terme et son employeur, la ville, avait donc toute liberté de le renouveler ou non. Les pages économiques des journaux employant ces mêmes journalistes subitement transcendés par tant d’injustice, relatent à longueur d’années des pratiques bien plus scandaleuses… Jean-Louis Pichon n’a-t-¬il pas également affirmé qu’il partait volontairement, en constatant les nouvelles orientations culturelles souhaitées par son principal financeur ?
Trouverions-nous quelque part sur cette planète, un actionnaire finançant à 80 % une entreprise dont la direction serait en contradiction avec son propre conseil d’administration ? Les causes ne manquent certainement pas pour que la passion s’emballe. Il semble toutefois que celle qui touche l’Opéra de Saint-Etienne ne nécessite pas au final un tel déchaînement. Existe-t-il d’autres institutions culturelles publiques, ou non, avec, personne ne l’ignore, des conditions de travail qui ne sont tout de même pas si désagréables, où l’on maintient en poste, un quart de siècle durant, la même direction ? Saint-Etienne fait, à cet égard, figure d’exception, puisque Daniel Benoin était même resté plus d’un quart de siècle à la Comédie de Saint-Etienne. On ne peut décemment inciter nos dirigeants politiques à plus de transparence, à plus de renouvellement, à renoncer au cumul des mandats et regretter qu’on agisse de cette même façon lorsqu’il s’agit d’une institution culturelle financée par les deniers publics.
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A BON ENTENDEUR…

