Situation des populations Roms
Roms : La Mairie de Saint-Étienne a voulu régler de manière concertée
Devant l’aggravation de la situation, les grandes villes de France sont de plus en plus contraintes de procéder à des évacuations systématiques des camps roms : voir article du Monde, 1er aout 2008
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26 juillet 2008
Depuis que l’opposition, par la voix de son responsable Jean-Jacques Rey, avait tenu à interpeller fortement la nouvelle majorité dès les deux premiers conseils municipaux au printemps dernier sur la question des Roms afin que ces sujets soient largement évoqués dès le lendemain dans la presse locale, on savait que le groupe municipal d’opposition "Union pour l’avenir des stéphanois" était prêt à exploiter intensément ce douloureux et complexe problème pour mettre en difficulté la nouvelle municipalité.
Le communiqué que vient de publier le principal groupe de l’opposition, reproduit à la fin de cet article, franchit une nouvelle étape et montre jusqu’où l’opposition est prête à aller dans cette direction :
- ce communiqué n’hésite pas à affirmer que "les services municipaux… ont brûlé les effets personnels et le mobilier des Roms restés dans l’école". Or, n’importe quel passant peut encore aujourd’hui aller vérifier qu’il n’y a eu aucun incendie dans l’école ni des biens qu’il contenait ni du bâtiment. Comme dans toutes les villes où l’on veut empêcher la ré-occupation d’un squat évacué, les bâtiments sont enfumés en consumant des pneus à l’intérieur sous la surveillance des pompiers et de la police nationale (rappelons que ce local, qui est destiné depuis longtemps à être détruit, le sera à l’automne prochain).
- les locaux ayant été pillés et les effets personnels renversés dans la nuit qui a suivi l’expulsion, l’opposition reproche de ne pas avoir muré les issues du bâtiment. Les portes et fenêtres ont effectivement été condamnés. Mais lorsqu’on sait que ce bâtiment est entièrement vitré sur plusieurs centaines de mètres, chacun peut constater sur place qu’il était impossible de le murer.
- quant à la demande de réunion des présidents de groupe, elle est arrivée en mairie le 24 juillet (le tampon administratif du service du courrier en fait foi). Quant on sait que l’opposition a publié le communiqué ci-dessous dès le lendemain, on devine à quel point… elle tient effectivement à connaître la vérité avant de prendre position.
En définitive, on était en droit d’attendre plus de retenue de la part des membres de l’ancienne majorité municipale qui, d’expulsion en expulsion, n’est jamais parvenue à régler ce problème. L’opposition aurait-elle oublié les destructions à la pelleteuse (1) des dizaines de caravanes et d’habitations en 2006 près du Clapier ? Ou l’expulsion du squat Béraud en 2007? De même faut-il rappeler que l’école de Montplaisir était occupée depuis près de 2 ans ? Certes, personne ne peut prétendre aujourd’hui résoudre définitivement un problème aussi sensible et difficile ; mais cela devrait au moins conduire chacun à éviter de l’exploiter d’une telle manière à des fins politiciennes.
Les groupes d’élus de la majorité municipale
(1) Télécharger l’article de Libération du 25 juillet 2006 intitulé "Saint-Etienne : les Roms s’expulsent à la pelleteuse".
Communiqué du groupe d’opposition "Union pour l’avenir des Stéphanois"
"La lettre ouverte adressée le 22 juillet dernier au Maire de Saint-Etienne par Jean-Jacques Rey, Conseiller général et Président du groupe "Union pour l’avenir des Stéphanois", est restée lettre morte ! M. Vincent n’a pas accepté la main qui lui était tendue, nous le regrettons. Il n’a pas souhaité réunir les Présidents du groupe, comme nous lui avions demandé, afin que nous soyons informés du sort réservé à la soixantaine de Roms qui squatte actuellement le kiosque de la place Jean-Jaurès. C’est son choix et il devra, là encore, l’assumer. Nous déplorons sincèrement l’attitude méprisante qu’a choisi d’adopter M. Vincent et son équipe vis-à-vis de l’opposition en refusant tout dialogue et toute transparence sur le saccage de l’école de Montplaisir après l’expulsion des Roms. M. Vincent préfère se justifier devant la presse que répondre aux questions légitimes de ses concitoyens. Dommage. C’est donc par la presse que nous apprenons que ce sont bien les services municipaux qui ont vandalisé l’immeuble, et brûlé les effets personnels et le mobilier des Roms restés dans l’école ! M. Vincent, qui dit aujourd’hui "assumer", est donc responsable de ce saccage. Mais assumer n’est pas pour autant excusable ! Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces nouvelles méthodes municipales de dissuasion, d’autant qu’elles auraient pu être évitées en murant simplement les issues du bâtiment. Nous espérons à présent que "Roms plage" ferme ses portes et que l’évacuation imminente du campement de la place Jean-Jaurès se fera avec humanité, sans débordement ni excès de zèle, et surtout que M. Vincent ne donnera pas d’ordres condamnables aux services municipaux."
Les collectivités locales se trouvent alors dans l’obligation de gérer ces afflux de population sans bénéficier d’aucune aide de la part de l’Etat ou de l’Union Européenne, qui se déchargent ainsi de leurs responsabilités. Ces responsabilités ne sauraient se limiter à expulser périodiquement des populations en grande détresse et contraintes de vivre dans le plus grand dénuement.
Devant l’aggravation des conditions sanitaires et de sécurité, amplifiées en France depuis mars 2008 par des restrictions draconiennes dans l’attribution des prestations sociales, la municipalité a clairement fait savoir lors du conseil municipal du 30 juin dernier que cette situation ne pouvait plus durer. Au regard des expériences tentées dans d’autres grandes villes, il est devenu évident que les collectivités locales ne disposent en rien des moyens d’envisager une réelle intégration des familles concernées face à des mouvements migratoires intra-européens d’une telle ampleur, malgré l’aide remarquable apportée par les associations humanitaires locales.
Parallèlement, le maire de Saint-Étienne a tenu à alerter par des courriers circonstanciés les commissaires européens concernés ainsi que les députés européens afin de les mettre devant leurs responsabilités, et en a informé l’ensemble des maires des grandes villes de France afin de conforter un mouvement d’opinion en ce sens. Les premières réponses de plusieurs de ces députés (une question écrite a été déposée au Parlement européen suite à ces courriers) fondent un timide mais réel espoir de voir adopter une directive-cadre européenne favorisant l’intégration sociale des Roms dans leur pays d’origine. Mais il faudra pour cela ne pas relâcher nos efforts.

