Situation des populations Roms


Plusieurs évacuations de squats occupés notamment par des populations Roms viennent d’avoir lieu à Saint-Etienne, par exemple sur le terrain de « Chantegrillet ». La ville de Saint-Étienne tient à rappeler sa position sur les squats, mise en œuvre depuis 2008, et qui ne changera pas.

Quels qu’en soient les occupants, la ville ne tolère aucun squat et veille à faire respecter le droit. Aussi, toute en étant attentive aux situations individuelles parfois douloureuses, dès qu’elle est informée, elle demande systématiquement aux tribunaux de constater les occupations illégales de ses propriétés et d’ordonner l’évacuation, en étroite coopération avec les services de l’Etat. La ville demande d’ailleurs à tous les propriétaires privés éventuellement concernés de faire les mêmes démarches.

Ces décisions difficiles ont été exécutées avec humanité dans leurs application mais avec fermeté par la police nationale, sans différence ni stigmatisation des occupants. Les services municipaux sont mobilisés pour la remise en état immédiate des terrains concernés et leur fermeture.

Ces dernières semaines, la municipalité a pleinement conscience de la montée de l’exaspération des Stéphanois, riverains ou usagers des transports en commun et des espaces publics. C’est pourquoi cette politique sera poursuivie et renforcée, afin d’améliorer la tranquillité publique à laquelle chacun à droit.

Pour ce qui concerne les populations Roms, l’amélioration de leur situation ne saurait se situer dans la pérennisation de squats ou bidonvilles où les conditions de sécurité et de salubrité sont intenables. La seule solution est de rester ferme sur les exigences du pacte républicain, de faire appliquer la loi, et d’œuvrer au niveau international pour une amélioration rapide des conditions de vie des Roms dans leur pays d’origine.

 


Roms : La Mairie de Saint-Étienne a voulu régler de manière concertée les situations les plus cruciales


            Suite à la décision mi-juin du tribunal validant la demande d’évacuation de l’école de Montplaisir déposée par la Ville de Saint-Étienne en mars 2007, la Préfecture a décidé de poursuivre la procédure engagée et de procéder à l’évacuation ce jeudi 17 juillet. Cette école était en effet occupée depuis près de 2 ans  par des Roms. Un recensement complet des occupants effectué au moment de l’évacuation a permis de décompter 121 personnes, dont 27 enfants. 55 d’entre elles, dont 15 enfants avaient accepté de bénéficier de l’aide au retour de l’ANAEM.

            Prévenus de l’évacuation la veille par la Préfecture, les services techniques de la mairie ont été dépêchés sur place pour récupérer l’essentiel des effets personnels qui ne pouvaient être emportés manuellement et les tiennent à la disposition des personnes concernées.

Comment en est-on arrivé à traiter ainsi une aussi difficile situation ?

            Les élus concernés ont d’abord pris contact avec des municipalités de gauche en place depuis plus longtemps qui avaient davantage d’expérience pour traiter le même problème d’afflux réguliers de population Roms suite à l’ouverture totale des frontières avec la Roumanie en 2007. Ils ont suivi de près en particulier les expériences de la Ville de Nantes, souvent citée en exemple pour un traitement le plus social possible de la situation. Or, la Ville de Nantes fait le constat depuis quelque temps que ce type de gestion non seulement ne permet plus de résoudre le problème, mais dans une large mesure contribue à l’aggraver en attirant sans cesse de nouveaux candidats à l’immigration (Saint-Étienne en a fait l’expérience mi-juin : suite à un départ d’une cinquantaine de volontaires bénéficiant de l’aide au retour, les locaux de Montplaisir se sont remplis à nouveau très rapidement). La Ville de Nantes a finalement dû se résoudre à procéder elle aussi à des évacuations ; la dernière s’est déroulée une dizaine de jours avant celle de Montplaisir et concernait un squat de 120 personnes.

            Sur la base de ces analyses et de ces échanges, la nouvelle municipalité a dû se résoudre à ne pas retirer la demande d’évacuation ; d’autant plus que les initiatives prises au lendemain de notre arrivée en mairie (rétablissement du chauffage, remise en état des sanitaires…) se sont rapidement avérées inopérantes. Avec la suppression des allocations familiales pour les nouveaux arrivants décidée par l’Etat depuis mars 2008, la situation ne pouvait qu’empirer et multiplier à terme les risques sanitaires et de sécurité pour les personnes. Malgré le travail remarquable réalisé par les associations de solidarité, personne ne pouvait désormais exclure un risque majeur débouchant sur un drame aux conséquences imprévisibles et difficiles à assumer.

            Il apparaît en effet que « l’immigration » de Roms constitue un cas particulier de personnes en grande précarité, dans la mesure où elle a une dimension intra-européenne, provenant d’un pays qui n’a plus de frontières avec les autres pays de l’Union européenne depuis 2007. Dès lors, la seule manière de résoudre structurellement le problème consiste à inciter la Roumanie à faire cesser sur place les discriminations vis-à-vis de ces populations avec l’aide des autres États et de l’Union Européenne, tout en garantissant à tous les citoyens des 27 Etats membres l’accès aux mêmes droits. D’où les différentes initiatives prises par le maire, Maurice Vincent, depuis plusieurs semaines auprès des commissaires européens, des parlementaires européens et des maires des grandes villes de France, pour amplifier les efforts en ce sens (voir communiqué de presse et courrier ci-joints).

            Cette position a été présentée aux associations de solidarité avec les Roms qui ont été reçues jeudi après-midi 17 juillet en mairie.


 


            Je ne peux laisser dire n’importe quoi ni salir l’action de mes adjoints qui, depuis plusieurs mois, sont investis sur ce difficile dossier. Laissant à quelques extrémistes la responsabilité d’utiliser à des fins purement politiciennes une situation aussi dramatique, je me contenterai de rappeler les faits, comme ce fut le cas dans le courrier envoyé le 15 juillet en réponse à une demande du réseau de solidarité avec les Roms.

            1/ Dès mon élection, la situation des Roms de Montplaisir a été prise en considération par l’équipe municipale. M. Coynel, 1er Adjoint, a pris contact avec les associations et les populations concernées.

            2/ Nous avons rapidement rétabli le chauffage dans un des bâtiments pour offrir enfin des conditions de vie minimales et mettre un terme à une situation humainement insupportable.

            3/ J’ai alerté la Commission Européenne et le Parlement européen sur la situation de ces populations car c’est à ce niveau que doit s’esquisser une politique globale en leur faveur, impliquant la Roumanie, seule voie susceptible de mettre un terme à leur errance dans toute l’Europe avec parfois des risques de crise gravissime comme par exemple en Italie.

       4/ Concernant la situation de Montplaisir, j’ai fait explorer diverses solutions. Il est ainsi apparu que seulement 3 familles, depuis deux ans, avaient pu obtenir un emploi et par suite un logement, s’inscrivant donc dans un processus d’intégration qui se poursuit.

         5/ Il s’est aussi avéré, à l’inverse, que le fonctionnement de l’occupation générait des dérives de plus en plus organisées que personne ne peut encourager. Parmi elles, outre les questions de salubrité, la dégradation des conditions de sécurité pouvait laisser craindre un risque majeur d’incendie de l’école et donc de péril pour les adultes et les enfants. L’intervention à ma demande, des services de la ville sur les installations électriques n’a jamais pu régler définitivement cette question.

            6/ Le contact maintenu avec les associations a d’ailleurs conduit à un consensus sur la nécessité de ne plus laisser perdurer l’utilisation de ce lieu, devenu dangereux et de moins en moins toléré – quoiqu’en disent certains reportages – par les riverains. J’ai ainsi clairement annoncé lors du Conseil municipal du 30 juin que, dans ces conditions, la municipalité ne s’opposerait par à une évacuation devenue inévitable. J’ai aussi indiqué qu’il fallait privilégier les solutions les plus dignes, notamment celle d’un retour accompagné des familles en Roumanie, avec un pécule et des perspectives de réinstallation.

            7/ Ce n’est pas la municipalité, faut-il le rappeler, mais la Préfecture qui s’est chargée de l’évacuation, conformément au droit. S’y opposer aurait signifié le choix municipal de maintenir coûte que coûte l’occupation, alors même que personne de sérieux ne le souhaitait et que, je le rappelle, la sécurité des personnes était clairement mise en danger. En toute responsabilité, j’ai estimé que mon devoir était de ne pas s’opposer à cette évacuation en dépit du caractère toujours douloureux de ce type d’opération. Je considère que toute autre décision eût été irresponsable.

            8/ J’ai souhaité, dans la discrétion, un accompagnement social plus marqué pour les familles disposant encore d’allocations familiales. Il s’avère que ceci n’a pas été possible, je le regrette. Mais j’observe aussi que l’évacuation s’est passée sans violence, ce qui ne saurait être négligé. L’intervention des services municipaux a également permis que les familles retrouvent la plus grande partie de leur mobilier.

            9/ Je sais que certaines associations de soutien aux familles Roms, refusant de voir dans l’accompagnement une mesure acceptable, auraient souhaité que d’autres solutions (propositions de travail, de logement…) soient faites aux familles. C’est là que nous atteignons les limites de l’action d’une municipalité : il est impossible de s’engager dans de telles voies, sauf à pénaliser celles et ceux qui, régulièrement installés sur notre territoire, attendent eux aussi qu’une solution leur soit proposée. Je regrette que ces associations refusent de le comprendre.

            Vouloir pérenniser une situation de précarité invivable pour les familles Roms n’a pas de sens. En l’absence de solution concrète, parce qu’il n’y en a pas à notre niveau, confrontée aux drames humains et à l’extrême complexité de ce dossier, notre équipe municipale a veillé à garantir la dignité des familles dans le cadre de ce que je considère comme la moins mauvaise des solutions.

Je remercie tous ceux qui, à la Mairie et dans les autres institutions, se sont impliqués et les assure de mon soutien. Avec eux, je reste évidemment attentif aux cas individuels qui pourraient encore se poser.


Juillet 2008
             Un peu partout en France, les municipalités des grandes villes sont confrontées à l’afflux massif de populations Roms originaires de Roumanie depuis l’ouverture des frontières avec ce pays. Les politiques structurelles européennes, parce que trop incohérentes, ne parviennent pas en effet à contraindre ce pays à faire cesser les discriminations qui poussent ces populations fragilisées à l’exil.
Les collectivités locales se trouvent alors dans l’obligation de gérer ces afflux de population sans bénéficier d’aucune aide de la part de l’Etat ou de l’Union Européenne, qui se déchargent ainsi de leurs responsabilités. Ces responsabilités ne sauraient se limiter à expulser périodiquement des populations en grande détresse et contraintes de vivre dans le plus grand dénuement.
Devant l’aggravation des conditions sanitaires et de sécurité, amplifiées en France depuis mars 2008 par des restrictions draconiennes dans l’attribution des prestations sociales, la municipalité a clairement fait savoir lors du conseil municipal du 30 juin dernier que cette situation ne pouvait plus durer. Au regard des expériences tentées dans d’autres grandes villes, il est devenu évident que les collectivités locales ne disposent en rien des moyens d’envisager une réelle intégration des familles concernées face à des mouvements migratoires intra-européens d’une telle ampleur, malgré l’aide remarquable apportée par les associations humanitaires locales.
Parallèlement, le maire de Saint-Étienne a tenu à alerter par des courriers circonstanciés les commissaires européens concernés ainsi que les députés européens afin de les mettre devant leurs responsabilités, et en a informé l’ensemble des maires des grandes villes de France afin de conforter un mouvement d’opinion en ce sens. Les premières réponses de plusieurs de ces députés (une question écrite a été déposée au Parlement européen suite à ces courriers) fondent  un timide mais réel espoir de voir adopter une directive-cadre européenne favorisant l’intégration sociale des Roms dans leur pays d’origine. Mais il faudra pour cela ne pas relâcher nos efforts.


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