Situation des populations Roms

Roms : réglement des situations les plus cruciales

Roms : La Mairie de Saint-Étienne a voulu régler de manière concertée les situations les plus cruciales

   Après le retour en Roumanie de près de la moitié des effectifs du squat de Montplaisir, la Mairie de Saint-Étienne a tenu à établir un diagnostic précis des personnes restées sur place. Soucieuse d’éviter la reconstitution d’un nouveau ghetto et de garantir les conditions de sécurité des personnes, la municipalité a rencontré dès les premiers jours les associations de solidarité, et s’est concertée avec d’autres municipalités de l’agglomération et l’évêché, afin de régler ensemble les situations les plus cruciales, à savoir les quelques familles avec enfants bénéficiant de ressources minimales stables et implantées depuis longtemps à Saint-Étienne.

En de hors de ces cas, la mairie rappelle qu’il serait injuste de donner la priorité à des personnes arrivées récemment en France par rapport à l’importante demande sociale qui existe sur le territoire.



Les évacuations de camps roms se multiplient en France

Devant l’aggravation de la situation, les grandes villes de France sont de plus en plus contraintes de procéder à des évacuations systématiques des camps roms : voir article du Monde, 1er aout 2008



Position de la municipalité concernant l’évacuation de l’école de Montplaisir

 

 Suite à la décision mi-juin du tribunal validant la demande d’évacuation de l’école de Montplaisir déposée par la Ville de Saint-Étienne en mars 2007, la Préfecture a décidé de poursuivre la procédure engagée et de procéder à l’évacuation ce jeudi 17 juillet. Cette école était en effet occupée depuis près de 2 ans par des Roms. Un recensement complet des occupants effectué au moment de l’évacuation a permis de décompter 121 personnes, dont 27 enfants. 55 d’entre elles, dont 15 enfants avaient accepté de bénéficier de l’aide au retour de l’ANAEM. 

 Prévenus de l’évacuation la veille par la Préfecture, les services techniques de la mairie ont été dépêchés sur place pour récupérer l’essentiel des effets personnels qui ne pouvaient être emportés manuellement et les tiennent à la disposition des personnes concernées.

Comment en est-on arrivé à traiter ainsi une aussi difficile situation ?

 Les élus concernés ont d’abord pris contact avec des municipalités de gauche en place depuis plus longtemps qui avaient davantage d’expérience pour traiter le même problème d’afflux réguliers de population Roms suite à l’ouverture totale des frontières avec la Roumanie en 2007. Ils ont suivi de près en particulier les expériences de la Ville de Nantes, souvent citée en exemple pour un traitement le plus social possible de la situation. Or, la Ville de Nantes fait le constat depuis quelque temps que ce type de gestion non seulement ne permet plus de résoudre le problème, mais dans une large mesure contribue à l’aggraver en attirant sans cesse de nouveaux candidats à l’immigration (Saint-Étienne en a fait l’expérience mi-juin : suite à un départ d’une cinquantaine de volontaires bénéficiant de l’aide au retour, les locaux de Montplaisir se sont remplis à nouveau très rapidement). La Ville de Nantes a finalement dû se résoudre à procéder elle aussi à des évacuations ; la dernière s’est déroulée une dizaine de jours avant celle de Montplaisir et concernait un squat de 120 personnes.

 Sur la base de ces analyses et de ces échanges, la nouvelle municipalité a dû se résoudre à ne pas retirer la demande d’évacuation ; d’autant plus que les initiatives prises au lendemain de notre arrivée en mairie (rétablissement du chauffage, remise en état des sanitaires...) se sont rapidement avérées inopérantes. Avec la suppression des allocations familiales pour les nouveaux arrivants décidée par l’Etat depuis mars 2008, la situation ne pouvait qu’empirer et multiplier à terme les risques sanitaires et de sécurité pour les personnes. Malgré le travail remarquable réalisé par les associations de solidarité, personne ne pouvait désormais exclure un risque majeur débouchant sur un drame aux conséquences imprévisibles et difficiles à assumer.

 Il apparaît en effet que "l’immigration" de Roms constitue un cas particulier de personnes en grande précarité, dans la mesure où elle a une dimension intra-européenne, provenant d’un pays qui n’a plus de frontières avec les autres pays de l’Union européenne depuis 2007. Dès lors, la seule manière de résoudre structurellement le problème consiste à inciter la Roumanie à faire cesser sur place les discriminations vis-à-vis de ces populations avec l’aide des autres États et de l’Union Européenne, tout en garantissant à tous les citoyens des 27 Etats membres l’accès aux mêmes droits. D’où les différentes initiatives prises par le maire, Maurice Vincent, depuis plusieurs semaines auprès des commissaires européens, des parlementaires européens et des maires des grandes villes de France, pour amplifier les efforts en ce sens (voir communiqué de presse et courrier ci-joints).

 Cette position a été présentée aux associations de solidarité avec les Roms qui ont été reçues jeudi après-midi 17 juillet en mairie.

Télécharger la lettre aux commissaires et parlementaires européens (6 juin 2008) (une question écrite a été déposée au Parlement européen suite à ce courrier)

 



Jusqu’où l’opposition va-t-elle exploiter le douloureux problème des Roms ?

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26 juillet 2008

  Depuis que l’opposition, par la voix de son responsable Jean-Jacques Rey, avait tenu à interpeller fortement la nouvelle majorité dès les deux premiers conseils municipaux au printemps dernier sur la question des Roms afin que ces sujets soient largement évoqués dès le lendemain dans la presse locale, on savait que le groupe municipal d’opposition "Union pour l’avenir des stéphanois" était prêt à exploiter intensément ce douloureux et complexe problème pour mettre en difficulté la nouvelle municipalité.

 Le communiqué que vient de publier le principal groupe de l’opposition, reproduit à la fin de cet article, franchit une nouvelle étape et montre jusqu’où l’opposition est prête à aller dans cette direction :

- ce communiqué n’hésite pas à affirmer que "les services municipaux... ont brûlé les effets personnels et le mobilier des Roms restés dans l’école". Or, n’importe quel passant peut encore aujourd’hui aller vérifier qu’il n’y a eu aucun incendie dans l’école ni des biens qu’il contenait ni du bâtiment. Comme dans toutes les villes où l’on veut empêcher la ré-occupation d’un squat évacué, les bâtiments sont enfumés en consumant des pneus à l’intérieur sous la surveillance des pompiers et de la police nationale (rappelons que ce local, qui est destiné depuis longtemps à être détruit, le sera à l’automne prochain).

- les locaux ayant été pillés et les effets personnels renversés dans la nuit qui a suivi l’expulsion, l’opposition reproche de ne pas avoir muré les issues du bâtiment. Les portes et fenêtres ont effectivement été condamnés. Mais lorsqu’on sait que ce bâtiment est entièrement vitré sur plusieurs centaines de mètres, chacun peut constater sur place qu’il était impossible de le murer.

- quant à la demande de réunion des présidents de groupe, elle est arrivée en mairie le 24 juillet (le tampon administratif du service du courrier en fait foi). Quant on sait que l’opposition a publié le communiqué ci-dessous dès le lendemain, on devine à quel point... elle tient effectivement à connaître la vérité avant de prendre position.

 En définitive, on était en droit d’attendre plus de retenue de la part des membres de l’ancienne majorité municipale qui, d’expulsion en expulsion, n’est jamais parvenue à régler ce problème. L’opposition aurait-elle oublié les destructions à la pelleteuse (1) des dizaines de caravanes et d’habitations en 2006 près du Clapier ? Ou l’expulsion du squat Béraud en 2007 ? De même faut-il rappeler que l’école de Montplaisir était occupée depuis près de 2 ans ? Certes, personne ne peut prétendre aujourd’hui résoudre définitivement un problème aussi sensible et difficile ; mais cela devrait au moins conduire chacun à éviter de l’exploiter d’une telle manière à des fins politiciennes.

 Les groupes d’élus de la majorité municipale

 (1) Télécharger l’article de Libération du 25 juillet 2006 intitulé "Saint-Etienne : les Roms s’expulsent à la pelleteuse".

 

Communiqué du groupe d’opposition "Union pour l’avenir des Stéphanois"

"La lettre ouverte adressée le 22 juillet dernier au Maire de Saint-Etienne par Jean-Jacques Rey, Conseiller général et Président du groupe "Union pour l’avenir des Stéphanois", est restée lettre morte ! M. Vincent n’a pas accepté la main qui lui était tendue, nous le regrettons. Il n’a pas souhaité réunir les Présidents du groupe, comme nous lui avions demandé, afin que nous soyons informés du sort réservé à la soixantaine de Roms qui squatte actuellement le kiosque de la place Jean-Jaurès. C’est son choix et il devra, là encore, l’assumer. Nous déplorons sincèrement l’attitude méprisante qu’a choisi d’adopter M. Vincent et son équipe vis-à-vis de l’opposition en refusant tout dialogue et toute transparence sur le saccage de l’école de Montplaisir après l’expulsion des Roms. M. Vincent préfère se justifier devant la presse que répondre aux questions légitimes de ses concitoyens. Dommage. C’est donc par la presse que nous apprenons que ce sont bien les services municipaux qui ont vandalisé l’immeuble, et brûlé les effets personnels et le mobilier des Roms restés dans l’école ! M. Vincent, qui dit aujourd’hui "assumer", est donc responsable de ce saccage. Mais assumer n’est pas pour autant excusable ! Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces nouvelles méthodes municipales de dissuasion, d’autant qu’elles auraient pu être évitées en murant simplement les issues du bâtiment. Nous espérons à présent que "Roms plage" ferme ses portes et que l’évacuation imminente du campement de la place Jean-Jaurès se fera avec humanité, sans débordement ni excès de zèle, et surtout que M. Vincent ne donnera pas d’ordres condamnables aux services municipaux."



Point presse sur la situation des Roms
 Dans une conférence de presse tenue le 24 juillet, Maurice Vincent a tenu à faire le point sur la situation des Roms à Saint-Étienne :

La Municipalité s’est souciée du sort des Roms dans la ville dès le lendemain des élections et non pas seulement depuis l’évacuation du 17 juillet, en cherchant des solutions concrètes. Elle a par ailleurs, dans un souci de sécurité, assuré une réfection des installations électriques et du chauffage. Malgré cela, la situation sociale et sanitaire ainsi que les conditions de sécurité devenant chaque jour plus préoccupantes, la Mairie ne s’est pas opposée à l’ordre d’évacuation donné par la Préfecture suite au jugement du tribunal de la mi-juin.

Le Maire assume cette décision, qu’il a demandée sans violence, ce qui a été respecté. Les locaux, voués à la destruction dès cet automne, devaient être rendus inoccupables afin d’éviter une ré-intallation. Le Maire a demandé que des camions des services municipaux transportent les effets des Roms et sortent des bouteilles de gaz du squat. Dans les faits, les services municipaux ont manqué de temps, et les lieux, bien que condamnés, ont été pillés dans la nuit qui a suivi.

A la suite de cette évacuation, une soixantaine de personnes ont accepté le retour en Roumanie selon le dispositif de l’ANAEM. Une soixantaine, prise en charge par différentes associations de soutien, a refusé et s’est installée Place Jean Jaurès, sous des tentes. La Municipalité a proposé un terrain viabilisé dans le secteur Montmartre avec eau, sanitaires et électricité. Cette solution est refusée par les associations.

Dans ce genre de situation, une municipalité ne dispose pas de tous les leviers d’actions ; c’est pourquoi, dans le souci de parvenir à une solution correcte, la Mairie a sollicité différentes institutions :

  La Préfecture, qui a en charge le logement d’urgence, a refusé des logements collectifs en dur afin d’éviter que se reconstituent de nouveaux ghettos..

  La Mairie s’est également tournée vers l’évêché, qui a proposé de financer des tentes marabouts, plus vastes que les tentes igloos actuellement utilisées.

  Le Conseil Général a également été approché pour que des assistantes sociales veillent au bon soin des enfants Roms et assurent un suivi des familles, en lien avec les services municipaux concernés (la sécurité des enfants relève en effet de la responsabilité du maire dans cette affaire).

La proposition de terrain viabilisé est une solution de court terme, ce dont est conscient Maurice Vincent. La solution de ce douloureux problème ne dépend pas uniquement de la mairie, à partir du moment où l’on veut éviter que se reconstitue un nouveau ghetto en concentrant ces populations dans des bâtiments provisoires (en deux ans de résidence des Roms à Saint-Étienne, seules quelques rares familles ont pu trouver logement et emploi).

Maurice Vincent tient à souligner que la Mairie, très critiquée depuis l’évacuation, est la seule institution à proposer des solutions concrètes. Mais elle se trouve confrontée à une situation sociale délicate, dans une ville qui doit traiter 1 700 demandes de logement social en attente. Attentif au « Bien vivre ensemble », le Maire souhaite ne pas faire passer les Roms de Montplaisir avant ces demandes, ce qui ne serait pas juste. Il s’oppose aussi à la conception de l’intégration proposée par les associations de soutien, pour qui les familles s’intégreront par l’intermédiaire des enfants.
Il a réaffirmé sa conception de l’intégration au sein d’une ville et de la société en général, ce qui passe avant tout par un travail et un logement, et non pas uniquement par la scolarisation des enfants.

Face à un problème d’ampleur européenne – rappelons que les Roumains peuvent entrer sans visa depuis 2007 mais peuvent être expulsés au bout de trois mois, en vertu d’un accord spécifique avec la Roumanie -, une Mairie de gauche ne peut qu’être consciente du côté insatisfaisant des solutions proposées. Il n’y a pas de gestion idéale de cette question au niveau des villes ; c’est pourquoi Maurice Vincent a alerté la Commission Européenne et le Parlement européen sur la situation de ces populations car c’est à ce niveau que doit s’esquisser une politique globale d’intégration sur place en Roumanie, seule voie susceptible de mettre un terme à leur errance dans toute l’Europe, pour éviter les risques de dérives gravissimes comme par exemple en Italie.

 



Mise au point sur les décisions prises par la Municipalité

 Je ne peux laisser dire n’importe quoi ni salir l’action de mes adjoints qui, depuis plusieurs mois, sont investis sur ce difficile dossier. Laissant à quelques extrémistes la responsabilité d’utiliser à des fins purement politiciennes une situation aussi dramatique, je me contenterai de rappeler les faits, comme ce fut le cas dans le courrier envoyé le 15 juillet en réponse à une demande du réseau de solidarité avec les Roms.

 1/ Dès mon élection, la situation des Roms de Montplaisir a été prise en considération par l’équipe municipale. M. Coynel, 1er Adjoint, a pris contact avec les associations et les populations concernées.

 2/ Nous avons rapidement rétabli le chauffage dans un des bâtiments pour offrir enfin des conditions de vie minimales et mettre un terme à une situation humainement insupportable.

 3/ J’ai alerté la Commission Européenne et le Parlement européen sur la situation de ces populations car c’est à ce niveau que doit s’esquisser une politique globale en leur faveur, impliquant la Roumanie, seule voie susceptible de mettre un terme à leur errance dans toute l’Europe avec parfois des risques de crise gravissime comme par exemple en Italie.

 4/ Concernant la situation de Montplaisir, j’ai fait explorer diverses solutions. Il est ainsi apparu que seulement 3 familles, depuis deux ans, avaient pu obtenir un emploi et par suite un logement, s’inscrivant donc dans un processus d’intégration qui se poursuit.

 5/ Il s’est aussi avéré, à l’inverse, que le fonctionnement de l’occupation générait des dérives de plus en plus organisées que personne ne peut encourager. Parmi elles, outre les questions de salubrité, la dégradation des conditions de sécurité pouvait laisser craindre un risque majeur d’incendie de l’école et donc de péril pour les adultes et les enfants. L’intervention à ma demande, des services de la ville sur les installations électriques n’a jamais pu régler définitivement cette question.

 6/ Le contact maintenu avec les associations a d’ailleurs conduit à un consensus sur la nécessité de ne plus laisser perdurer l’utilisation de ce lieu, devenu dangereux et de moins en moins toléré – quoiqu’en disent certains reportages – par les riverains. J’ai ainsi clairement annoncé lors du Conseil municipal du 30 juin que, dans ces conditions, la municipalité ne s’opposerait par à une évacuation devenue inévitable. J’ai aussi indiqué qu’il fallait privilégier les solutions les plus dignes, notamment celle d’un retour accompagné des familles en Roumanie, avec un pécule et des perspectives de réinstallation.

 7/ Ce n’est pas la municipalité, faut-il le rappeler, mais la Préfecture qui s’est chargée de l’évacuation, conformément au droit. S’y opposer aurait signifié le choix municipal de maintenir coûte que coûte l’occupation, alors même que personne de sérieux ne le souhaitait et que, je le rappelle, la sécurité des personnes était clairement mise en danger. En toute responsabilité, j’ai estimé que mon devoir était de ne pas s’opposer à cette évacuation en dépit du caractère toujours douloureux de ce type d’opération. Je considère que toute autre décision eût été irresponsable.

 8/ J’ai souhaité, dans la discrétion, un accompagnement social plus marqué pour les familles disposant encore d’allocations familiales. Il s’avère que ceci n’a pas été possible, je le regrette. Mais j’observe aussi que l’évacuation s’est passée sans violence, ce qui ne saurait être négligé. L’intervention des services municipaux a également permis que les familles retrouvent la plus grande partie de leur mobilier.

 9/ Je sais que certaines associations de soutien aux familles Roms, refusant de voir dans l’accompagnement une mesure acceptable, auraient souhaité que d’autres solutions (propositions de travail, de logement…) soient faites aux familles. C’est là que nous atteignons les limites de l’action d’une municipalité : il est impossible de s’engager dans de telles voies, sauf à pénaliser celles et ceux qui, régulièrement installés sur notre territoire, attendent eux aussi qu’une solution leur soit proposée. Je regrette que ces associations refusent de le comprendre.

 Vouloir pérenniser une situation de précarité invivable pour les familles Roms n’a pas de sens. En l’absence de solution concrète, parce qu’il n’y en a pas à notre niveau, confrontée aux drames humains et à l’extrême complexité de ce dossier, notre équipe municipale a veillé à garantir la dignité des familles dans le cadre de ce que je considère comme la moins mauvaise des solutions.

Je remercie tous ceux qui, à la Mairie et dans les autres institutions, se sont impliqués et les assure de mon soutien. Avec eux, je reste évidemment attentif aux cas individuels qui pourraient encore se poser.

Maurice Vincent

Maire de Saint-Etienne

Président de Saint-Etienne Métropole



Collectivités locales et situation des populations Roms
Juillet 2008
   Un peu partout en France, les municipalités des grandes villes sont confrontées à l’afflux massif de populations Roms originaires de Roumanie depuis l’ouverture des frontières avec ce pays. Les politiques structurelles européennes, parce que trop incohérentes, ne parviennent pas en effet à contraindre ce pays à faire cesser les discriminations qui poussent ces populations fragilisées à l’exil.
   Les collectivités locales se trouvent alors dans l’obligation de gérer ces afflux de population sans bénéficier d’aucune aide de la part de l’Etat ou de l’Union Européenne, qui se déchargent ainsi de leurs responsabilités. Ces responsabilités ne sauraient se limiter à expulser périodiquement des populations en grande détresse et contraintes de vivre dans le plus grand dénuement.
   Devant l’aggravation des conditions sanitaires et de sécurité, amplifiées en France depuis mars 2008 par des restrictions draconiennes dans l’attribution des prestations sociales, la municipalité a clairement fait savoir lors du conseil municipal du 30 juin dernier que cette situation ne pouvait plus durer. Au regard des expériences tentées dans d’autres grandes villes, il est devenu évident que les collectivités locales ne disposent en rien des moyens d’envisager une réelle intégration des familles concernées face à des mouvements migratoires intra-européens d’une telle ampleur, malgré l’aide remarquable apportée par les associations humanitaires locales.
   Parallèlement, le maire de Saint-Étienne a tenu à alerter par des courriers circonstanciés les commissaires européens concernés ainsi que les députés européens afin de les mettre devant leurs responsabilités, et en a informé l’ensemble des maires des grandes villes de France afin de conforter un mouvement d’opinion en ce sens. Les premières réponses de plusieurs de ces députés (une question écrite a été déposée au Parlement européen suite à ces courriers) fondent un timide mais réel espoir de voir adopter une directive-cadre européenne favorisant l’intégration sociale des Roms dans leur pays d’origine. Mais il faudra pour cela ne pas relâcher nos efforts.



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