L'université Jean Monnet après la démission de sa présidente

Le 26 novembre, la présidente de l'université Jean Monnet a indiqué prendre acte des votes massifs du Conseil Académique puis du Conseil d'Administration, opposés à juste titre à sa stratégie de fusion avec l'Université de Lyon. Elle proposera ainsi sa démission et celle du conseil en janvier 2021, suivies de la tenue de nouvelles élections. Il faut saluer sa lucidité et son sens des responsabilités car rien n'aurait été pire qu'une confusion durable au sommet de l'UJM.

Les enjeux sont en effet considérables : maintenir le dialogue et les coopérations existantes avec les établissements lyonnais via la COMUE (Communauté d'universités), conforter la reconnaissance nationale et internationale de l'UJM, réfléchir aux évolutions institutionnelles offertes par l'Etat (labellisation de nouveaux pôles d'excellence, voire d'un "I-SIte" à l'instar de Pau, Lille ou Clermont-Ferrand, remise à plat d'un projet plus équilibré partagé avec Lyon) etc.

Je suis convaincu pour ma part qu'une fois la gestion de la pandémie passée, la politique de l'Etat devra forcément tenir compte du bilan des réformes engagées, en France mais aussi à l'étranger. La taille des "mastodontes" imposés à AIx-Marseille, Paris, par la fusion de plusieurs universités est porteuse de lourdeurs administratives, difficultés de gestion des étudiants, comme des filières de formation. L'Allemagne qui avait inspiré ce système (sans être aussi dirigiste) fait l'objet d'une évaluation discutée. Nulle part dans le monde l'excellence universitaire n'est assimilée à la grande taille des établissements.

En conservant tous ses pouvoirs et son autonomie de décision, l'UJM a préservé sa liberté de créer, proposer, inventer, bref de poursuivre sa progression dans un monde en perpétuelle évolution. C'est l'essentiel. A un moment où un autre, l'Etat devra reconnaître sa place dans notre région et lui renforcer son soutien pour peu que la nouvelle équipe sache profiter au mieux des opportunités et construire les coopérations nécessaires, ce dont je ne doute pas.

 

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